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Dois-je laisser mon bébé pleurer ?

Un bébé ne pleure jamais sans raison. C’est pour lui le seul moyen pour exprimer ce qu’il ressent et ce dont il a besoin.



C’est un réflexe de survie, un appel au secours. Il a besoin de l’adulte pour l’aider à se calmer. Isabelle Filliozat nous explique que « son temps d’apaisement est proportionnel au temps de réaction de ses parents. Plus le parent répond rapidement aux pleurs de son bébé, plus il se calmera rapidement. »


Par contre quand personne ne répond à son pleur, le petit enfant va attendre dans un 1er temps. Si personne ne vient, il va se résigner et croire qu’il n’en vaut pas la peine. L’enfant vit sa douleur pleinement, il est dans l’instant présent et ne peut se projeter dans un futur potentiel où ses parents sont occupés et ne peuvent répondre à son pleure. Il vit dans l’instant présent, ici et maintenant. À mesure que ses pleurs se prolongent, son stress augmente en produisant des hormones de cortisol et d’adrénaline.


 



Quand il n’est pas entendu, une structure cérébrale s’active « l’amygdale cérébrale » qui va sécréter ces différentes hormones. Le cortisol (hormone du stress) quand il est sécrété en trop grande quantité et de façon prononcée, devient extrêmement nocif pour un cerveau fragile et immature. Il peut détruire des neurones et ses connexions, endommager son système nerveux central, ses apprentissages et sa croissance. Il peut alors perdre confiance en son/ses adultes référents et petit à petit éteindre, mettre de côté ses émotions. Il peut refouler ce qu’il ressent sur le moment présent et puis boum, un jour cela ressort, on a 30 ans et on ne comprend pas ce qu’il nous arrive.


L’enfant a besoin d’avoir confiance en ses parents. Il a besoin de savoir qu’il peut compter sur eux. Une relation d’attachement solide doit se créer pour un développement harmonieux. C’est difficile, c’est épuisant. On se sent au bout du rouleau. Les pleurs peuvent être compliqués à entendre pour certains d’entre nous (cela nous renvoie probablement à notre histoire passée). Cependant, c’est nécessaire et primordiale d’y répondre.


Quand cela devient trop difficile, passons le relai, demandons de l’aide. Et essayons de nous comprendre afin de trouver ce que cela provoque en nous. Avoir un enfant nous demande une grande remise en question par rapport à tout ce que nous avons vécu.



 



Lorsque nous répondons à son pleure en étant bienveillant, doux, affectueux, l’enfant apprend petit à petit à s’apaiser au contact de son parent, à lui faire confiance et à se faire confiance. Il va exprimer ses émotions en toute sérénité car exprimer ce que l’on ressent est un signe de bonne santé psychique. Cela est la base d'un épanouissement.


 

Il est important de faire attention aux idées reçues et de prendre beaucoup de recul. Entendre « arrête de répondre au moindre de ses pleurs… Tu vas en faire un enfant gâté… Il te manipule… Ça fait ses poumons,… » est très courant.


Fiez-vous à votre intuition. Ne prêtez pas attention aux idées toutes faites et non fondées.


Un bébé ne pleure jamais pour manipuler, il n’en a tout simplement pas les capacités neuronales. Il ne connaît pas ce sentiment. Le consoler et répondre à son besoin à chaque fois qu’il pleure, n’en fera pas un enfant gâté. Au contraire, il se sentira aimé, sera plus apaisé, gérera mieux son stress,…



N’oubliez pas : l’amour est un carburant et non une récompense.



La meilleure chose que nous pouvons faire est d’encourager le parent à écouter son intuition car réagir aux pleurs de son bébé est un réflexe naturel.



Source : Isabelle Filliozat - Au coeur des émotions de l'enfant