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Comment accompagner l’autonomie de l’enfant ?

Comment aider l’enfant à devenir autonome, à prendre des initiatives, à l’encourager sans le frustrer ? Ce sont là des questions qui me reviennent régulièrement. Permettre à l’enfant de devenir autonome est essentiel.

Un livre qui en parle à merveille est celui de Céline Alvarez, Une année pour tout changer.



Au travers de ses différents écrits, Céline Alvarez, nous parle de lois naturelles de l’enfant. Ce sont des comportements instinctifs, naturels et présents dès notre conception qui permettent petit à petit à bébé de devenir autonome pour se construire en un enfant épanoui pour ensuite évoluer en un adulte serein capable d’atteindre des objectifs.

C’est ici, un grand questionnement que beaucoup de parents se posent car nous avons tous envie qu’un jour nos enfants deviennent affranchis et libres, qu’ils arrivent à effectuer des choix qui leur conviennent, qu’ils puissent se fixer des objectifs et y arriver. Pour cela, ils ont besoin d’être autonome, de pouvoir se responsabiliser et d’effectuer des choix.

Combien de jeunes adolescents à ce jour ne savent pas effectuer de choix ? Combien savent ce qu’ils veulent faire après leur secondaire (lycée) ? Combien ne sont pas perdus face à l’immense liberté qui se présente d’un seul coup à eux ? C’est en développant des fonctions exécutives solides et en leur permettant de devenir des êtres autonomes qu’ils pourront effectuer des choix qui leur conviennent.

Céline Alvarez nous parle dans son livre « une année pour tout changer » que :

« Très tôt, tous les enfants disent « Moi tout seul ». Ôtez cette chaussure des mains d’un enfant de 2 ans qui s’efforce de la mettre, et voici que soudain, alors qu’il souriait quelques secondes auparavant, qu’il se tend, se jette en arrière et se roule par terre. Un puissant bras de fer s’engage et il n’est pas dit que nous en sortions vainqueur : nous n’entrons pas en conflit avec l’enfant mais avec ses directives biologiques intérieures. […]

Ses fonctions exécutives sont en plein développement. Il a une envie profonde de se mettre en activité et de se défendre de tout ce qui l’en empêcherait. L’enfant fronce les sourcils, gronde, nous repousse, s’énerve. Il n’a pas mauvais caractère, il passe par la période sensible de développement de son système d’action. La réaction est impressionnante. Ce n’est pourtant pas un caprice : lorsqu’il tente de nous aider à vider le lave-vaisselle alors qu’il tient à peine debout, lorsqu’il tente de couper un fruit alors qu’il a du mal à combiner deux actions (couper et exercer une pression), le jeune enfant exerce de manière puissante ses fonctions exécutives. »

L’enfant veut le faire seul car il a une tonne d’éléments à apprendre : exercer sa concentration en inhibant les distractions, mémoriser l’ordre des différentes actions, reproduire les actions mémorisées, contrôler ses gestes, accompagner ses émotions, ne pas se décourager, recommencer encore et encore, être capable de comprendre ses erreurs pour pouvoir faire autrement. C’est donc en s’exerçant quotidiennement que l’enfant pourra développer l’ensemble de ses fonctions exécutives, accompagner ses émotions au quotidien, construire des relations stables, développer son intelligence,...

Il deviendra alors un adulte serein, capable de se fixer un objectif et de tout mettre en œuvre pour y arriver sans se décourager à la moindre erreur. Combien sommes-nous à nous décourager face au premier échec ? Observez les enfants et regardez combien de fois ils vont recommencer car ce qui est important pour eux n’est pas la finalité mais bien tout le processus pour y arriver. Ce qui est challengeant pour eux, n’est pas la récompense mais bien tout l’engagement qu’ils doivent y mettre pour y arriver. C’est biologique, c’est inné en nous. Nous avons simplement besoin qu’on nous permette de le faire.

Comment pouvons-nous aider l’enfant ? Céline Alvarez nous parle de différentes possibilités:

- La première est de créer un environnement favorable à l’enfant, un lieu sécurisant où il sera accompagné au travers de son autonomie. Cela ne signifie pas de laisser l’enfant seul face à ce qu’il essaie de réaliser mais plutôt d’être présent à ses côtés en n’essayant de ne pas le faire à sa place car cela freine son apprentissage.

- Parler avec l’enfant, verbaliser et interagir avec lui. Cela active l’ensemble de son cerveau et permet la création et la connexion entre les différentes neurones.

- Lui donner de l’amour, de l’amour et encore de l’amour. C’est ce que crie haut et fort les neurosciences affectives. Il est prouvé que l’amour développe l’intelligence humaine car la libération des hormones ressenties lorsqu’on aime et que l’on se sent aimé active très rapidement les connexions neuronales, augmente le système immunitaire, apaise le stress, détend le corps, augmente les fonctions exécutives… Il y a des centaines et des centaines de bienfaits.

- Accompagner les émotions de l’enfant en l’aidant à s’apaiser. Cela est très important dû l’immaturité des cerveaux des enfants. Nous pouvons également aider l’enfant à exprimer ce qu’il ressent afin qu’il puisse prendre conscience de ce qu’il se passe.

- Aider l’enfant à patienter aura un grand impact sur le développement de ses fonctions exécutives. Cela peut se faire de différentes façon : lui noter que nous avons vu qu’il avait besoin de nous, lui apprendre à poser une main sur nous quand il en a besoin, verbaliser.

- Leur montrer dès leur plus jeune âge comment réaliser différentes actions qui leur permettront de devenir autonome (enfiler ses chaussures, couper un pomme, laver ses mains,…) C’est extrêmement gratifiant pour l’enfant car cela augmente sa confiance en lui et en ses compétences. Face à cela, l’enfant essaiera de nombreuses fois, il sera alors important d’accueillir ses essais et ses erreurs en l’encourageant quotidiennement, en notifiant ce qu’il a réussi, son avancée,…


Source : C. Alvarez – Une année pour tout changer