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Comment cultiver l’intelligence émotionnelle de l’enfant ?

L’intelligence n’est pas seulement intellectuelle et rationnelle… Et si nous aidions les touts petits à élargir leurs horizons en écoutant ce qu’a à dire leur cœur ?

Dès la naissance, nous sommes tous dotés de cette extraordinaire capacité qu’est l’intelligence émotionnelle.


 

L’aspect génétique et environnemental dans lequel nous grandissons influence cette aptitude qui ne demande qu’à grandir. Dans certains cas, comme la VEO, la violence conjugale, le harcèlement, etc, cette faculté se retrouve affaiblie.


Dès la conception de l’enfant, les émotions de celui-ci passent par nous. Ce nouveau petit être ressent tout ce que la maman éprouve. Ce sont des sensations plus ou moins vagues traversant le placenta qui atteigne l’enfant car tout ce que l’on vit provoque en nous une réaction physiologique. Par exemple, lors d’un stress, l’hormone de cortisol est sécrétée et le placenta ne la filtre pas. L’enfant ressent alors cette sensation. Évidemment, l’idéal serait d’éviter tout stress durant la grossesse mais ce serait là utopique de penser cela.

Isabelle Filliozat explique alors que nous pouvons parler à l’enfant de ce qu’il se passe et de ce que l’on ressent car même si l’enfant ne comprend pas le sens des mots, il comprend l’intention et s’en ressentira alors apaisé.



 


Dès sa naissance, nous pouvons aider le tout petit à accompagner ses émotions :


- Verbaliser ce qu’il se passe en nommant ce que l’enfant ressent. Les émotions arrivent à lui comme des tempêtes qu’il ne comprend pas. Nous pouvons lui dire « Tu as sursauté en entendant ce bruit ? », « Tu es en colère car tu as faim ». En verbalisant, on rassure l’enfant et il peut alors mettre des mots sur ce qu’il vit.

- Accompagner l’enfant à réguler ses émotions en étant présent et disponible pour lui. Il est important de ne pas laisser ses pleurs sans réponse et lui montrer que nous sommes là en lui parlant calmement et en essayant de trouver ce qu’il se passe. Une émotion se manifeste toujours lorsqu’un besoin n’est pas comblé. Ce processus de réponse de l’adulte permet à l’enfant de créer de nouvelles connexions neuronales qui lui permettront par la suite de réguler seul ses émotions.


- Observer et écouter activement ce qu’il se produit car souvent on se sent démunis face à la colère de bébé car on ne comprend ce qu’il se passe et lui-même ne sait pas ce qui lui arrive non plus. Nous pouvons alors nous poser des questions comme : « à partir de quel moment a-t’il changer de comportement ? » en cherchant ce qui aurait pu le chambouler.


- Donner l’exemple en apprenant nous-même à gérer nos propres émotions car c’est par mimétisme que l’enfant va se construire. L’enfant nous considère comme son exemple et nous imite. Il est alors important de prendre conscience de cette responsabilité et de réfléchir afin de gérer au mieux ce que nous traversons.


 


Cultiver l’intelligence émotionnelle par le jeu


« Le monde de l’enfant est un monde d’émotions intenses qui ne peuvent s’exprimer pleinement qu’à travers des jeux spontanés. Jouer guérit les blessures, libère les émotions et dissout les tensions. Le jeu apprend aux enfant qu’ils peuvent exprimer sans danger ce qu’ils ressentent. » [1]

C’est notamment sur ce point que Lawrence Cohen insiste dans son livre « Qui veut jouer avec moi ? », édition Poche Marabout.


Selon lui, beaucoup d’émotions que les enfants ressentent sont trop intenses pour que de simples mots en rendent compte. Il ne suffit pas qu’un enfant dise « je suis fou de rage » ou « je suis triste » pour s’exprimer pleinement. Les enfants ont parfois besoin de pleurer, d’exploser pour se soulager. Le jeu peut alors leur fournir une échappatoire car c’est le moyen dont ils disposent pour s’exprimer, eux et leurs émotions.


Lorsqu’on joue avec des enfants à faire semblant, on peut imaginer par exemple des personnes en proie à de nombreuses émotions en les aidant à identifier les sensations physique qui accompagnent tel ou tel ressenti. On peut également leur proposer de mimer un état d’âme ou montrer à l’enfant une photo d’un visage expressif et l’inviter à nommer l’émotion correspondante. On peut aussi lui demander de prendre un air effrayé, triste ou menaçant et y réagir de la manière la plus appropriée : en affichant une mine terrorisée quand il simule la colère par exemple.

Selon Lawrence Cohen, la compétence émotionnelle implique la capacité pour un enfant de passer du stade où il laisse libre cours à ses émotions à celui où il les exprime par le jeu, puis par le langage articulé.

On peut ainsi lui proposer de dessiner ce qu’il ressent, de raconter une histoire à partir de son état d’âme ou de s’exprimer par la danse.


L’expression artistique reste l’un des meilleurs moyens d’évacuer l’anxiété ou la peur, que ce soit par le chant, la danse, le dessin, le théâtre,… : « Et si le nœud dans ta gorge était capable de s’exprimer, que dirait-il ? », « Si les papillons dans ton ventre dansaient, à quoi ressemblerait leur ballet ? ». Les enfants mettront spontanément en scène leur peur ou leur anxiété.


Lawrence Cohen expliquait qu’un autre moyen ludique de développer la compétence émotionnelle consiste à faire semblant de ressentir une émotion que l’enfant peine à exprimer, avant de la traduire par des actes qui ne portent pas préjudice à la personnes : « Je suis furieuse ! Je vais frapper mon oreiller ! ». Face à un enfant qui s’en prend à un autre ou lui dit une méchanceté, on peut lui dire : « Ouïe ! Ca fait mal ! »



Source :

- [1]Citation provenant du livre « la thérapie par le jeu » de Garry Landreth et Linda Homeyer

- Qui veut jouer avec moi ? - Lawrence Cohen